Premiers jours avec un téléphone Androïd

, par Valéry-Xavier Lentz

Il était grand temps de se débarrasser de ce HTC DualTouch, un soi-disant smartphone sous Windows Mobile. Cette abomination ergonomique n’apportait pas même satisfaction pour le minimum que l’on aurait pu en attendre : la compatibilité avec Windows et Outlook. Arrivé en fin d’engagement j’ai donc tout naturellement téléphoné à SFR pour résilier... ou obtenir un Androphone dans les conditions des nouveaux abonnés.

Je teste donc depuis quelque jours le HTC Legend sous Androïd, l’OS mobile de Google. Pour l’instant la satisfaction est totale :

  • un écran lumineux et net, très réactif ;
  • un système d’exploitation simple et intuitif ;
  • des applications abondantes et simples à installer et désinstaller ;
  • une connexion plug and play au PC ;
  • la synchronisation avec les application Google et les principaux réseaux sociaux, soit par des applications livrées avec le téléphone (Google, Facebook, Flickr) soit installées depuis l’Android Market (Foursquare, Diigo). Les fonctions de partage (de liens, de photos) sont également branchées directement sur ces destinations ;
  • Enfin et surtout la possibilité de se connecter en WiFi tant le web mobile est une aimable fiction quand seule la 3G est disponible.
    Quant au hardware, il est superbe et solide.
    Les applications que j’ai testé sont de quatre types :
  • seul reproche, mineur est que l’OS est tellement simplifié que certaines fonctionnalités de base nécessitent l’installation d’une application : fermer les applications ou l’explorateur de fichier par exemple...
  • des applications sociales ou de communication supplémentaires : Foursquare, partage de liens vers Diigo, utilisation MSN Live messenger...
  • des appli liées au contenu : Le Monde, ou Rue89 qui permettent de télécharger des contenus et de les consulter hors connexion, ou ZD Net ;
  • des "gadgets" comme le lecteur de QR codes ou le nouveau et bluffant Google Goggles, dont le moindre intérêt n’est pas de dégouter les possesseurs de iphone qui n’y ont pas accès.

Les fameuses Goggles permettent de reconnaître, via l’appareil photo du téléphone faisant office de scanner, la couverture d’un livre ou d’un ouvrage, ou son titre, un code barre, un logo... et de mener à une page de résultats de recherche correspondant. On peut aussi insérer dans son annuaire les coordonnées présentes sur une carte de visite, et surtout sélectionner un texte et en obtenir la traduction. On frémit à l’idée que de telles technologies puissent être à terme couplée à celles de reconnaissance des visages.

Petite déception avec Opera Mini, que j’utilisais sur Windows Mobile : il ne reconnaît pas le multitouch. Son système d’onglets restent toutefois meilleur que celui du navigateur par défaut, mais ce dernier est tellement bien intégré aux autres fonctionnalités qu’on a plutôt tendance à l’utiliser. Fennec, version mobile de Frefox est disponible en version alpha. Je l’installe dès la beta.

Dans les conditions idéales, batterie pleine et connecté au WiFi du domicile, l’appareil est parfait : radio, vidéo, musique, navigation web, etc. s’utilisent confortablement installé sur le canapé. Du coup la perspective de voir des tablettes sous Androïd sortir prochainement (et pas en 7 pouces avec la version 1.5 comme chez Archos) est enthousiasmante, sous réserve que les prix soient plus raisonnables que ceux du iPad (soyons sérieux, on ne peux pas payer plus cher qu’un netbook, une machine qui a beaucoup moins de fonctions, bel écran tactile ou non).

Le reste du temps, on doit surveiller la batterie (un widget permet de désactiver les fonctions qui consomment de l’énergie lorsqu’on utilise pas la machine), et renoncer à utiliser le web tant qu’un réseau WiFi n’est pas disponible : la 3G n’est tolérable que pour des situations de dépannage. Le web mobile finalement en est au stade de la téléphonie mobile du temps du Bi-Bop.

Le succès des applications mobiles et tablette(s), comme des applications desktop connectées font conclure à certains que au final, le web c’est naze, et que les standards freinent le progrès plus qu’autre chose. Pour lire ce joli troll (en anglais) : The web sucks. Browsers need to innovate.