Le PS dans tout ses états

, par Valéry-Xavier Lentz

Les péripéties du Congrès socialistes n’en finissent pas. Il semble que rien ne sera résolu avant le vote des militants adhérents les 20 et 21 novembre prochain, ils élisent en effet directement le premier secrétaire, et non pas lors du Congrès de ce weekend.

La situation de départ est un vote sur les motions ou auxcune d’entre elle n’a pu se positionner comme majoritaire, les trois motions réformistes, arrivées en tête étant séparées seulement par quelques milliers de voix.

Pour autant, Madame Royal s’efforce de s’imposer à la tête du Parti en profitant des quelques points d’avance obtenus lors de ce vote, sachant qu’elle est très loin d’être majoritaire, 71% des suffrages ayant été accordés à ses adversaires. Ceci est d’autant plus étonnant qu’une partie de ses alliés avaient auparavant indiqué qu’ils ne souhaitaient pas d’un présidentiable à la tête du PS. Or Madame Royal est une présidentiable, en tout cas si l’on entend par là la capacité à être candidate à la présidentielle et non pas la capacité à être élue.

L’hypothèse de la candidature de Ségolène Royal est donc de ce point de vue une provocation susceptible de transformer le Congrès non pas en lieu de choix d’une orientation politique et de désignation de la direction du parti mais en primaire présidentielle anticipée. L’expérience et certains des propos de la candidate nous font penser qu’une fois arrivée à la direction du partir elle verouillera celui-ci de telle manière que les vraies primaires, en 2011 seront jouées d’avance. 

Cette situation est particulièrement inquiétante. L’alternative est entre un Congrès d’affrontement d’une part ou confier le parti à Madame Royal d’autre part au risque de voir Nicolas Sarkozy diriger le pays jusqu’en 2017.

Il faut toutefois prendre en compte les éléments suivants :

  • On en peut adhérer au Tout sauf Ségolène. Si les seuls candidats sont Madame Royal ou Benoit Hamon, il faudra naturellement porter ses suffrages sur la candidate réformiste pour réduire au maximum le score du représentant des archaïques du PS.
  • De la même manière, une coalition anti-Royal qui ferait des gauchistes rassemblés autour de Hamon des membres de la majorité, leur donnant ainsi un poids disproportionné, n’est pas souhaitable pour la modernistation du partie socialiste. L’antipathie que suscite la personne de Ségolène Royal ne justifie pas tout.
  • Si la personnalité de Ségolène Royal est inquiétante, on trouve parmi ceux qui l’accompagne des personnalités brillantes comme par exemple Manuel Valls. Un succès de sa part serait sans doute un facteur de rénovation. Le problème est que d’un point de vue idéologique les coups de barre à droite - comme lors de la présidentielle - ou à gauche - quand Bertrand Delanoë réhabilite le thème de la liberté comme un thème de gauche - nous laissent dans le flou le plus complet.
  • Le thème des alliances du PS est un faux débats. Le PS est déjà allié au Modem dans plusieurs grandes villes. Le Modem est désormais très clairement dans l’opposition. Le rassemblement anti-UMP que devra diriger le PS devra donc inclure ce nouveau parti. Par ailleurs, sur le fond, ce dernier reste beaucoup plus fréquentable que certains alliés actuels du PS, notamment les communistes. Il est regrettable que l’anti-ségolénisme se focalise là dessus, ce n’est pas comme si l’on manquait de raisons de ne pas souhaiter le succès de Madame Royal.
    _ Au final, nous ne serons fixés que ce dimanche. Espérons que d’ici là une candidature alternative susceptible de battre Madame Royal sans pour autant pactiser directement avec les hamonistes saura émerger.

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Post Scriptum :

Mentionnons au passage le départ de M. Mélenchon du PS. Ne gâchons pas notre plaisir. Même si le vote et le Congrès n’est qu’un prétexte, ce départ ayant été préparé de longue date, on ne peut que le célébrer. Il est le symptome que en fin de compte la rénovation du PS avance. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook : Champagne ! Mélenchon quitte le PS !